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Aimé Siri Balibuno, Goma

« Les jeunes doivent avoir confiance en eux-mêmes. Parce qu’ils peuvent. On dit si je veux, je peux. Donc je suis capable de faire tout ce que je peux si je veux. »
Voici l'interview d'Aimé en vidéo ;
Voici l'interview d'Aimé en audio ;[sc_embed_player_template1  downloadable fileurl="http://www.wajenzi.co/wp-content/uploads/2015/04/AimeBalibuno.mp3"]

Active dans et pour sa communauté

Aimé Balibuno habite à Goma. Son histoire est celle de nombreux autres enfants de RDC : « Je suis née dans une famille extrêmement pauvre. J’ai grandi et après mes parents se sont séparés. J’ai été obligée de subvenir à mes besoins moi-même. Je faisais des petits commerces, pour payer mes études et pour répondre à mes besoins. Toujours dans la communauté ». A cette situation familiale difficile, il lui a fallu ajouter les conflits armés récurrents au Sud de la RDC au cours des dernières années. « Après la guerre qui est survenue, la guerre du M23, les M23 sont rentrés dans la ville de Goma. Beaucoup de jeunes se sont ralliés à ce mouvement parce qu’il n’y avait pas de boulot, il n’y avait rien à faire ». De ce constat, Aimé a mis au point un véritable plan d’action, visant à apporter un véritable dynamisme économique au sein de sa communauté.

Une « activité » comme solution

Aimé a eu la finesse de mettre en place une activité au double avantage : d’un côté, générer des revenus. De l’autre, canaliser les jeunes en leur offrant quelque chose à faire.
« Certains jeunes ne savent pas, ils veulent toujours aller en brousse mais nous avons créé un étang piscicole. Nous sommes partis voir les chefs de la collectivité de chez nous. Il a reconnu que c’était un besoin. Il nous a donné l’espace, nous avons creusé l’espace ».
Et elle ajoute, fière : « ll y a des des poissons que nous avons mis là-bas, il y a des alevins, nous en avons mis 400...Après 6 mois nous avons produit plus de 2000 poissons et nous allons les vendre. La communauté va en bénéficier, les jeunes vont en bénéficier ». Forte du succès de son initiative, Aimé pense déjà au futur : « C’est 1 étang, et après nous allons voir si on peut creuser deux étangs, trois, quatre...à partir de ce premier. Donc c‘est une première expérience et nous savons que ça va produire, nous sommes lancés dans ce projet ».

Une dynamique mise en place

Une autre particularité de l’action d’Aimé, c’est son impact potentiel sur un développement durable de la communauté.
« L’argent que nous recevons, nous essayons de voir parmi nous (les jeunes) ceux qui étudient, ceux qui veulent faire autre chose. C'est pas l’étang seulement que l’on doit faire. Nous demandons aux jeunes l’activité génératrice de revenus qu’il est apte à faire. »
« S’il peut vendre du pétrole, s’il peut vendre un peu de la braise, nous voyons combien il faut, nous lui donnons l’argent, il va faire ses activités, et après 1 mois nous appelons ces jeunes pour évaluer ce qui a été positif, ce qui a été négatif. Nous payons aussi les études pour quelques uns ». La communauté bénéficie donc directement des revenus générés par l’initiative d’Aimé, permettant à chacun de jouer un rôle. Un beau pari sur l’avenir, porteur de promesses.

En finir avec les idées reçues

Pour Aimé, sortir des difficultés héritées des guerres doit passer par une prise de conscience et un vrai investissement de la jeunesse. « Avant l’activité, les jeunes étaient plus dépendants, ils ne faisaient rien, ils se négligeaient. Les jeunes pensaient que c’est seulement quand on a étudié qu’on peut survivre, qu’on peut répondre à ses besoins. »
« Mais avec cette activité les jeunes ont pris conscience, ils voient qu’ils peuvent vivre grâce à eux-mêmes, ils peuvent initier des choses, ils peuvent vivre et répondre à leurs besoins et aider les autres. Nous leur enseignons aussi à penser aux autres, comment ils vont penser à aider aussi les autres ».
Partie de peu, cette jeune femme s’est donc construit toute seule, grâce à son travail. Aujourd’hui, elle voit les résultats de ses efforts, et elle appelle les autres jeunes à suivre son exemple par cet encouragement :
« Les jeunes doivent avoir confiance en eux-mêmes. Parce qu’ils peuvent. On dit si je veux, je peux. Donc je suis capable de faire tout ce que je peux si je veux. »
Passe ta voix

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