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Annie Dina Lumona, Baraua

Nous luttons pour le changement, nous luttons contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles.
Voici l'interview de Annie en vidéo ;
Voici l'interview de Annie en audio ;[sc_embed_player_template1  downloadable fileurl="http://www.wajenzi.co/wp-content/uploads/2015/04/AnnieLumona.mp3"]

« Nous luttons »

Lumona Annie est jeune, 19 ans à peine, et pourtant elle est déjà activement impliquée dans la lutte pour les droits des femmes dans sa communauté. Cette jeune femme originaire du territoire de Fizi au Sud Kivu est membre d’une association dans laquelle « nous luttons pour le changement, nous luttons contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles. Nous luttons aussi contre la pauvreté. Nous travaillons aussi sur des thématiques, nous faisons des échanges avec les membres de cette communauté pour regarder comment ils peuvent changer leurs mentalités qui sont un peu négatives par rapport au développement ». Un beau chantier, dans lequel une idée maîtresse s’impose : dans une société moderne, les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes.

Lutter contre les mentalités et les a priori

Annie et son association travaillent à faire évoluer les mentalités, sur différents sujets. L’un d’eux, au fort impact social et économique, est la question de la place des femmes dans la transmission du patrimoine.
Nous montrons aux gens qu’une fille aussi peut hériter des biens de ses parents
. Elle s’oppose ici aux coutumes qui vont à l’encontre de la loi. Ainsi, elle se rappelle un cas précis : « Je me rappelle de frères qui étaient sous-informés car ils avaient leur papa qui avaient des chèvres, des parcelles aussi et des champs. Quand le papa est mort, ils avaient partagé les biens entre les garçons et non les filles. Donc on pourrait penser que les filles n’ont pas le droit d’hériter car elles vont se marier et les biens vont se perdre. Seulement ils n’avaient pas donné droit aux filles d’hériter de leur papa ». C’est dans cette situation que l’action de sensibilisation menée par Annie et ses collègues prend tout son sens : « A partir des actions que nous faisons, des sensibilisations, que nous menons, les frères ont compris qu’ils avaient menacé leurs soeurs, et ils ont vraiment demandé pardon, ils ne savaient pas qu’elles pouvaient aussi hériter des biens de leur papa ». Lutter contre les mentalités passe parfois par la lutte contre les préjugés, alors même qu’une simple pédagogie peut suffire à réveiller les consciences :« les gens ne savaient pas, mais quand ils ont compris ils commencent à changer, ils commencent à donner droit à l’héritage aussi aux filles ».

Des actions et des résultats concrets

L’engagement d’Annie auprès des femmes porte déjà ses fruits, et le changement en route annonce de belles perspectives.
Je suis très heureuse quand je vois que les actions que je suis en train de mener donnent aussi quelque chose d’importance dans la population, dans la communauté.
A 19 ans à peine, la jeune fille a le droit d’être fière de son action, et elle le reconnaît avec un sourire heureux dans la voix : « ça me plait vraiment, je suis contente de ça».
Passe ta voix

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