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Gayte Ngelesa, Bukavu

Je ne lâche pas parce que je suis passionné de l’art. Je le fais pour moi et pour la ville de Bukavu.
Écoutez mon histoire ici-dessous. [sc_embed_player_template1  downloadable fileurl="http://www.wajenzi.co/wp-content/uploads/2015/02/Gayte_mixage-final.mp3"]  

Gayte, L’amoureux d’art

Mettre son amour pour l’art au service de sa ville, c’est le défi que s’est lancé Gayte Ingelesa. Âgé de 32 ans, cet opérateur culturel passionné par son métier a créé il y a 5 ans l’association Jeunesse Active à Bukavu avec un objectif : promouvoir, par l’art et la culture, les initiatives des jeunes habitants de cette ville du Sud-Kivu. Amoureux d’art, impliqué dans la vie culturelle de sa ville, et désireux de voir tout le potentiel des jeunes populations s’épanouir, Gayte a décidé de mettre à profit son savoir-faire et de vivre sa passion dans cette association unique en son genre à Bukavu. Depuis 2010, Jeunesse Active soutient ainsi toutes sortes d’initiatives permettant de promouvoir l’extraordinaire créativité et le dynamisme de ces jeunes populations, véritable pépinière d’idées...et d’envie de les exprimer ! Pour GayteIngelesa, c’est par l’art et la culture que ces initiatives trouvent leur plus beaux moyens d’expression, et il le prouve, depuis maintenant 5 ans.

L’art de se faire entendre, ou quand l’art se fait entendre...

Lorsqu’il repense aux différents projets sur lesquels il a travaillé avec son association, Gayte ne peut s’empêcher d’être heureux devant le chemin parcouru. Et s’il doit penser à un projet particulièrement marquant, il partage avec plaisir celui d’une chanson, réalisée en collaboration avec différents artistes, pour dénoncer les violences faites aux femmes et apporter ainsi un soutien aux victimes. Ce projet, Gayte et son association l’ont réalisé grâce au travail en synergie de pas moins d’une vingtaine d’artistes qui ont décidé de s’engager à leurs côtés. Dans une société en pleine mutation, Gayte a donc fait le choix d’utiliser l’art comme un mode d’expression pacifiste et percutant à la fois. Et sa plus belle récompense, il la tient de ces femmes victimes de viols qui lui ont exprimé leur joie et leur reconnaissance de se sentir comprises et soutenues. “C’était pour moi un grand plaisir d’avoir vécu cette expérience (...) sur un projet qui était aussi noble que de sensibiliser et surtout d’apporter une compassion à ces femmes.” Et il conclut :
“la joie qu’elles ont exprimée nous a donné encore de l’espoir.”
Et finalement, la joie, le plaisir de créer, de découvrir et de partager, ce sont bien eux qui se trouvent au coeur de l’action menée par Gayte et ses collaborateurs. Au-delà de son travail de sensibilisation, l’association a aussi pour but d’offrir quelque chose de différent aux jeunes, et Gayte le résume très bien :
“nous produisons des musiques, nous produisons des vidéos, pour la sensibilisation mais aussi pour s’amuser”.

Un combat en marche

Des belles réalisations oui, mais aussi des difficultés permanentes. Gayte le dit sans honte : leur travail n’est pas facile. “La plupart des fois on se retrouve dans des discussions qui nous freinent...ça peut faire que l’on n’évolue pas dans ces genres de projets.” La première cause de difficulté ? L’argent, avec des difficultés financières qui conduisent parfois des projets à ne pas voir le jour. Car l’art n’est pas fait pour être rentable, mais pour apporter un autre regard et permettre aux jeunes de s’épanouir. Malheureusement, ce n’est pas toujours suffisant, et Gayte avoue qu’il lui arrive parfois d’être découragé, face à d’incessants obstacles pratiques, politiques et surtout économiques. Heureusement, Gayte possède une source de motivation intarissable : sa passion, son goût inconditionnel pour l’art.
“Je n’arrive pas à décourager parce que j’aime beaucoup l’art, je suis passionné de l’art et surtout que j’aime beaucoup voir la jeunesse de notre ville émerger dans l’art”;
C’est cet amour immodéré à la fois pour la mise en valeur culturelle d’une part, et sa ville d’autre part, qui permettent à Gayte et à son association de poursuivre leur action. Finalement, et il l’avoue, cette association est autant une chance pour les jeunes que pour lui-même :
“Je me dis que je le fais pour moi d’abord, pour ma passion, et pour la ville de Bukavu.“



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