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Modeste Amisi Tshumbula, Sud Kivu

«Mon rôle c’est de mobiliser, sensibiliser jusqu’à ce qu’il y ait un changement durable. »
Voici l'interview de Modeste en vidéo ;
Voici l'interview de Modeste en audio ;[sc_embed_player_template1  downloadable fileurl="http://www.wajenzi.co/wp-content/uploads/2015/04/ModesteAmisi.mp3"]

Amisi, «Un artisan de paix en RDC»

La voix douce, et les gestes calmes, Amisi Modeste se présente comme «un artisan de paix en RDC.» Et effectivement, tout dans sa prestance et son langage aspire à l'apaisement. Ce médiateur originaire de la province du Sud Kivu oeuvre dans sa communauté pour résoudre les conflits et mettre fin aux tensions, dans un pays où le recours aux armes est le mettre mot depuis des décennies.
«J’ai chaque fois le devoir d’unifier les gens quand il y a un petit problème de conflit, soit entre deux voisins, entre deux personnes, entre deux groupes ou deux jeunes de ma communauté.»

Une approche cohérente

La méthode utilisée par Amisi ? Elle est simple : utiliser les fondements même de la société congolaise, les «bases communautaires» comme il le résume, au profit de la paix.
«Quand il y a eu une mésentente entre deux voisins, entre lesquels il y avait toujours des querelles par rapport à la limite d’une parcelle, j’ai été invité chez un voisin et moi aussi j’ai fait appel à deux papas sages et une mère de l’association des femmes.»
«Amisi n’oeuvre donc pas seul, il le fait en collaboration avec des personnalités reconnues de la vie communautaire et locale. Et c’est grâce à cette intervention cohérente qu’il peut observer des résultats concluants : «Nous sommes arrivés là-bas, nous les avons conduits à trouver une solution qui est définitive et jusqu’à aujourd’hui ces deux voisins mangent ensembles.»

...Et pacifiste !

Il tient à le souligner: «Ce n’est pas un tribunal (...) parce que le tribunal ne fait que juger, il y a un gagnant et un perdant.» A un jugement pouvant parfois être contesté, il préfère apporter une solution concrète, sur le terrain, et en accord avec les différentes parties. Il présente ainsi davantage sa méthode comme «une classe de médiation, où nous traitons nos affaires, dans le calme, dans la transformation des conflits sans pour autant juger quelqu’un.» Une approche moins violente, portant en elle plus de chances d’être acceptée. L’idée n’est pas de punir, de trancher mais de résoudre le conflit, pour permettre sa «transformation.» Appuyé par les représentants communautaires locaux, Amisi propose ainsi une solution durable aux querelles, conflits et mésententes au sein de sa communauté.

Une action pas si modeste que cela

Amisi Modeste demeure très humble quant à son rôle en tant qu’ «artisan de la paix». Pourtant, il convient de bien mesurer l’impact et l’importance que peut avoir son action sur sa société. Dans un pays traversé par les guerres et la violence armée, proposer une approche pacifiste à la résolution des conflits, privilégier le dialogue et le maintien des liens communautaires, ce n’est pas rien.
«Chez nous on le fait de manière pacifique, on accède au pardon. Ils restent des amis, ils mangent ensembles et tous nous sommes contents. C’est ce que nous faisons.»
Pour finir, il résume ainsi sa mission en tant que médiateur : «mon rôle c’est de mobiliser, sensibiliser jusqu’à ce qu’il y ait un changement durable.» Modeste, son action l’est aussi. Il oeuvre au niveau local, dans sa communauté. Mais finalement, n’est ce pas là la base d’une société apaisée ?
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