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Robert Njangala, Bukavu

Nous collaborons avec la police pour traquer les criminels dans le quartier Essence à Bukavu (…)
Écoutez mon histoire ici-dessous. [sc_embed_player_template1  downloadable fileurl="http://www.wajenzi.co/wp-content/uploads/2015/02/Robert-Mixage-final-1.mp3"]

Robert, Engagé

La voix ferme et claire, le discours décidé, Robert Njangala n’est pas un rêveur. A 29 ans à peine, il est familier avec la violence et la méfiance qui naissent d’une criminalité parfois omniprésente. Le programme qu’il dirige, appelé Forces Vives, n’est pas non plus une association comme les autres. Lassé et inquiet de voir ceux qu’il appelle les “bandits” prendre résidence dans le quartier populaire d’Essence, à Bukavu, il a lancé ce programme afin d’offrir à son quartier natif un avenir plus sûr.
“Tous les criminels de la ville de Bukavu passent leurs journées ou leurs nuits à l'Essence, ou carrément ils viennent y planifier leur crimes ou leurs stratégies d’opérations.(...) C’est ainsi que nous avons créé le programme Forces Vives, pour lutter contre cette criminalité.”

L’enfant d’Essence

Car Essence, c’est pour Robert plus qu’un quartier : il y a vécu toute sa vie, il y vit encore, et il souhaite y rester. C’est un quartier qu’il connaît bien, mais dont l’insécurité lui est devenue insupportable. C’est la voix pragmatique, réaliste, qu’il présente sont quartier
“Essence c’est un quartier populaire où il y a beaucoup de gens, mais également beaucoup de criminels”.
Enfant du quartier, Robert Njangala ne supportait plus de voir l’image d’Essence ternie par les activités criminelles qui finissaient pas susciter une méfiance envers tous les habitants. Il regrette que “les gens de l’Essence sont considérés comme étant des criminels, des bandits”. Mais c’est surtout face à l’impunité de plus en plus importante dont bénéficiaient les “ “bandits” qu’il a décidé d’agir:
“ lorsqu’ils voyaient la police ils l’attaquaient, ils lapidaient la police (...) Étant les natifs du quartier Essence, nous nous sommes dit que l’on ne pouvait pas évoluer dans un quartier où règne l’anarchie”

Une collaboration pleine de sens

C’est alors que l’idée de Forces Vices est née. Le principe ? Associer ses forces pour offrir aux habitants du quartier une lutte plus efficace contre la criminalité.
“Il fallait collaborer étroitement avec la police, pour essayer de lutter contre cette criminalité qui se faisait sentir à l’Essence”
résume Robert. Avec d’autres hommes natifs du quartier, il a donc organisé un programme de collaboration avec la police de Bukavu, dont il est aujourd’hui fier de démontrer l’efficacité : “si la police a reçu une plainte, elle nous amène un avis de recherche (...) et nous nous nous investissons pour rechercher ce criminel “. Leur avantage par rapport aux forces de l’ordre ? Il le résume simplement : “[les criminels] ce sont des gens que nous connaissons bien, que nous maîtrisons” (...) nous cherchons le criminel et nous le transférons à la police ou nous appelons la police pour venir prendre le criminel à notre bureau.”

Un travail pour l’avenir...qui fait déjà ses preuves

Il y a un souvenir que Robert aime à raconter, c’est celui du journaliste Didace Namujimbo de la radio renommée Okapi, assassiné en 2008 à Bukavu devant son domicile. L’auteur présumé de ce meurtre s’était ensuite enfui, réfugié dans le quartier Essence. C’est alors que Force Vives a décidé d’agir :
“nous, nous avons réussi à mettre la main sur lui et nous l’avons transféré à la police”.
Fier de son quartier et de son combat, déterminé et efficace, Robert Njangala se prend néanmoins à espérer :
“nos attentes dans l’avenir, ce que nous voulons [c’est] que la ville de Bukavu soit un havre de paix”.



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