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Serge Mapendano, Beni

Pour moi la paix n’est pas une utopie.
Écoutez mon histoire ici-dessous.

Serge, Citoyen et militant

Rescapé de guerre, ambassadeur de la paix, coordinateur de l’organisation Action pour la Paix en Afrique, Serge Mapendano Kasereka représente à lui seul les difficultés et l’espoir de la RDC. Aujourd’hui investi dans l’action de son association, c’est avec lucidité qu’il retrace son parcours et son combat, avec un toile de fond un objectif : la paix.

Mettre son passé au service de la paix

Serge est rescapé de la guerre de Rutshuru au Nord-Kivu. Forcé à l’exil, il raconte les marches interminables pour fuir les combats, et les situations difficiles qu’il a rencontrées : “après notre fuite de Kiwanja, on a traversé plus de 100 km à pied. Pendant le parcours on a même vu des enfants nés pendant la guerre. C’était vraiment triste”. C’est alors que Serge a fait un choix courageux, celui de refuser que des enfants ne connaissent, depuis leur naissance, qu’un pays en proie aux guerres et aux conflits armés. De cette situation difficile, il a décidé de tirer sa force et l’idée maîtresse de son engagement : “ça me donnait le courage de dire ‘il faut transformer cette souffrance en paix’,” et de
“créer une organisation de jeunes qui sont victimes de conflits armés à l’est de la RDC mais qui désormais seront des ambassadeurs de la paix”.
Cette idée de mettre au service de la paix sa propre expérience, en faisant des jeunes des ambassadeurs expérimentés malgré eux, c’est la clé de voûte de l’action de Serge et de ses collaborateurs pour leur pays.

Le rapprochement militaire/civil : une étape nécessaire

La première chose qui le choque, c’est la méfiance palpable qu’il existe entre les forces armées et les populations :
“on a senti qu’il n’y a avait pas de rapprochement entre le civil et le militaire”.
Serge décide alors d’en faire son premier champ d’action. Afin de faire comprendre la situation, il raconte : “dans mon quartier, je voyais toujours des jeunes qui (pensent que s’ils) voient un militaire, il faut prendre fuite. On sentait comme des ennemis”. De cette situation de méfiance, il décide de faire naître une meilleure compréhension mutuelle, garante de la paix.
“C’est dans ce contexte que nous avions pensé en tant que jeunes ambassadeurs de la paix qu’il est impérieux de renforcer cette cohésion entre nous populations civiles locales avec les forces armées de la RDC. On sentait cette situation de méfiance entre civils et militaires.”

Des initiatives réussies

Si ses débuts sont difficiles, les efforts de Serge et de ses collaborateurs ambassadeurs de la paix sont finalement couronnés de succès. Il raconte cet exemple pour résumer son travail quotidien :
“Un jour j’ai trouvé un militaire, j’ai expliqué le projet. Il a dit ‘non non non, quand nous sommes dans vos quartiers, vous nous voyez comme si nous ne sommes pas une partie de vous’. J’ai cherché à rencontrer son chef et son chef a salué vraiment l'initiative”.
Aujourd’hui, il peut déjà avec fierté donner de nombreux exemples de projets réalisés en collaboration avec les militaires et la population civile :
“on fait des matchs de football avec les militaires, (...) des travaux communautaires chaque vendredi”,
autant d’actions qu’il aurait été impossible d’envisager sans l’action de l’organisation citoyenne et l’engagement de ses ambassadeurs. C’est finalement en créant du lien, en apprenant à se connaître, que les résultats ont commencé à voir le jour.

La paix : un objectif à atteindre

S’il est fier de ses réalisations, Serge n’en demeure pas moins réaliste. Pour obtenir une paix durable en RDC, il faut travailler dur et garder espoir : “Ce n’était pas facile, mais avec l’engagement on a abouti.”. Il conclut:
“pour moi la paix c’est vraiment pas une utopie. C’est vrai, quand je pense à tout ce que nous faisons je me dis nous sommes encore au début.”.



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