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Simon Mukenge, Goma

« Je me disais que pour exprimer ma colère, pour que mon droit soit garanti je dois adhérer dans la Lucia »
Voici l'interview de Simon en vidéo ;
Voici l'interview de Simon en audio ;[sc_embed_player_template1  downloadable fileurl="http://www.wajenzi.co/wp-content/uploads/2015/06/SimonMukenge.mp3"]

Le militant

Simon a 28 ans et parle déjà avec une assurance née de l’expérience et des difficultés rencontrées. Il est engagé dans une organisation locale appelée Lucia qui « milite pour le changement”.» Et si on lui demande pourquoi il a choisi de s’investir dans l’association, il nous répond en racontant sa propre histoire : « Quand j’étais étudiant, on a essayé de hausser les frais pour l’université et à cette même période mon grand frère a rencontré un problème avec son magasin. Sa boutique a été brûlée et c’est lui qui me supportait. Cela a été compliqué pour moi. »
« On a essayé de revendiquer pour que les frais pour l’université soient baissés à un prix raisonnable mais les autorités académiques, politiques, administratives n’ont pas eu l’occasion de nous comprendre. »
Après s’être heurté à l’incapacité des canaux de communication classiques à l’entendre, il décide donc de franchir le pas.
« Je me disais pour exprimer ma colère, pour que mon droit soit garanti je dois adhérer dans la Lucia. »

La non-violence comme leitmotiv

Ce qui frappe avec l’engagement de Simon, c’est le paradoxe entre la détermination palpable dans ses mots et sa voix, et les valeurs clés de non-violence qu’il rappelle continuellement.
« Nous posons les actions citoyennes sur le terrain. Quand il y a des mauvaises décisions prises par les autorités,quand il y a un problème qui gangrène une portion de population ou un quartier, nous faisons des marches pacifiques dans la non-violence et nous agissons ainsi pour l’intérêt de la communauté. »
Une démarche citoyenne et pacifique, qui refuse le recours à la violence présente pendant trop longtemps au sein des conflits en RDC. Cependant, ces valeurs ne doivent pas laisser penser que les actions menées par Simon au sein de Lucia sont dénuées intensité. En effet, lorsqu’il décrit les actions mises en place face à des autorités ou des administrations récalcitrantes, il ne mâche pas ses mots : « Par exemple, quand on a dit Goma veut de l’eau, on a menacé la régie des eaux, on a menacé le gouverneur de province, toutes les institutions partenaires de la régie des eaux. » Des mots forts, pour une détermination qui l’est tout autant...et cela porte ses fruits ! « Il y a des petites choses qui changent (...)maintenant il y a un système d’horaire qui est mis en place, certains quartiers reçoivent de l’eau à telle heure, et les autres à telle heure donc tous les quartiers sont servis. Quand il y a une très mauvaise décision prise par les autorités, nous menaçons dans la non-violence les autorités et elles changent leur position pour le bien-être de la population. »

Donner espoir

Ce qui caractérise selon Simon l’action de Lucia, c’est qu’elle s’adresse à tous, pour toute la communauté. « C’est un mouvement qui n’est pas partisan, c’est un mouvement qui est là pour l’intérêt de tout le monde. » Simon a conscient que les succès déjà remportés ne doivent pas faire oublier que certains combats seront de longue haleine. Il en tire sa motivation.
« Dans la Lucia concrètement ce que nous faisons au sein de la société, c’est donner l’espoir que ça va changer, même si c’est un processus qui doit être à long terme. »
Passe ta voix

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