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Tembos Yotama, Butembo

J’avais la rage. Je n’en pouvais plus de rester les bras croisés sans rien faire. Il fallait changer la situation quand la police faillit à son devoir, nous avons l’obligation de nous prendre en charge pour assurer notre sécurité.

Tembos Yotama, le révolté de Butembo

Ce jeune trentenaire s’est érigé en policier pour sécuriser les populations du quartier Mutsanga à Butembo dans l’est de la République démocratique du Congo en lieu et place d’une police peu efficace.

Un mouvement pour la sécurité

Le « Che Guevara » de Butembo ? Tembos Yotama ? En tout cas, c’est le personnage qu’il souhaite incarner dans son quartier. Citoyen révolté, il est l’initiateur du mouvement Véranda Mutsanga, un collectif de jeunes impliqué dans la sécurisation des populations et leurs biens dans cette partie du Congo. Droit dans sa tenue de sport, une casquette voilant une partie de sa tempe, son visage est fermé. Tembos sourit rarement. Son côté méfiant remonte de plusieurs les années 2000, le temps où les tueries et kidnapping étaient devenus choses habituelles dans sa ville natale, Butembo, suite à l’insécurité accrue. Il se souvient du jour où il trouve, un matin, le cadavre de son voisin dans un caniveau non loin d’un caserne militaire : 
« J’avais la rage. Je n’en pouvais plus de rester les bras croisé sans rien faire. Il faillait changer la situation, quand la police faillit à son devoir, nous avons l’obligation de nous prendre en charge pour assurer notre sécurité.  »

Résultats rapides

Inspiré par des lectures sur l'auto-prise en charge que prônaient Thomas Sankara et « Le Ché », Tembos initie alors le collectif Véranda Mutsanga avec une dizaine d’amis d'enfance. Dans leur stratégie de résilience, ils se réunissent régulièrement pour planifient des patrouilles nocturnes dans le quartier. Le collectif entraîne même des habitants aux techniques de filature afin de détecter des «mouvements suspects». Vite, les résultats sont tangibles. 
« Nous avons commencé par organiser des fouilles systématiques dans des maisons. Nous tombions souvent sur des armes, des minutions et des effets militaires que nous remettions à la police  »
L'une de ses fiertés ? L’arrestation, en 2011, des bandits qui sévissaient dans son quartier et qui avaient menacé de kidnapper un commerçant célèbre de la ville.
« Ce sont des femmes qui nous avaient alerté. Elles avaient bien compris la philosophie. La population nous a fait confiance. Nous sommes les premiers alertés avant la police. En suite, nous appelons les forces de l'ordre à notre tour. Si elles traîne les pas, nous intervenons. »

Le sauveur

Désormais, reconnu comme le « sauveur », il suscite de l'admiration auprès des habitants du quartier Mutsanga. José Kavira, mère de famille, témoigne : « les Kidnappeurs et coupeurs des routes ont disparu. Les nuits tranquille ces jours-ci ». En milieux jeunes où Véranda Mutsanga est déjà populaire, les adhésions sont en masse.
« Ils sont efficaces dans la sécurisation de notre quartier. J’ai demandé une carte de membre pour contribuer à cet air de paix que nous savourons », Ndaliko Dieudonné, habitant du quartier.

Pour l’instant, Tembos Yotama réfléchit comment exporter son initiative dans d'autres quartiers de la ville Butembo où l’ l'insécurité fait toujours rage.


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